Salaire, travail, méritocratie

De Désirs de Gauche
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SALAIRE, TRAVAIL, MÉRITOCRATIE
Pascal Villaret, mardi 12 avril 2016

Si le salaire se rapporte à un travail, comment définit-on le travail ? Qui définit le travail ? Le travail est-il souffrance ou plaisir ? Le salaire à vie serait le travail à vie. Si on appelle travail le fait d'exister et de prendre plaisir à exister, dans ce cas le salaire à vie correspond à un revenu d'existence inconditionnel. Mais si le salaire à vie est méritocratique, n'introduit-on pas là une inégalité de revenus donc une inégalité de pouvoir et simultanément la notion de travail-souffrance ? L'être humain peut-il se passer de la carotte qu'est la récompense de l'effort ? On pourrait penser que oui, vu que les travaux les plus pénibles sont souvent les plus mal rémunérés. En gros, dans notre société, les intellectuels qui ont acquis le plaisir d'apprendre, l'agilité mentale et la servilité de la mémoire sont finalement ceux qui travaillent le moins physiquement et le plus psychiquement. Pourquoi la mémoire serait-elle le seul principe méritocratique, au détriment de la souffrance corporelle ? Pourquoi finalement, ceux qui ont le moins de difficulté à apprendre et répéter seraient ceux qui seraient le mieux rémunérés ? Au fond, on pourrait reconnaître que ne pas avoir une bonne mémoire, une bonne agilité mentale, est un handicap qui crée des souffrances, et on pourrait supposer sans grand risque de se tromper, que ce sont en fait les souffrances corporelles, les contraintes corporelles, qui ont abîmé la mémoire, comme par exemple des erreurs éducatives ayant empêché la maturation du cerveau, erreurs éducatives forcément liées aux injustices sociales, aux inégalités sociales. Voilà pourquoi il me semble qu'il faut avant tout remettre de l'égalité sociale et financière dans la société, pour que l'être humain soit plus égal au niveau de sa mémoire et de son physique. Car on ne peut que constater que les privilèges accordés à la mémoire l'ont été au détriment du respect de la condition physique, du rapport à la nature, et on ne peut que constater qu'en réduisant l'être humain à son cerveau, l'être humain le surexploite, le fatigue et le rend bête, raciste par exemple. L'être humain a été longtemps un corps souffrant. De nos jours il devient un cerveau souffrant. Et il n'est pas logique de ne pas chercher un juste équilibre entre le corps et le cerveau, sachant tous les progrès techniques qui ont été faits et qui peuvent nous permettre d'équilibrer ces deux pôles de la vie de l'être humain. Ma vision des choses est que la méritocratie rend bête car elle accentue les inégalités sous prétexte que les inégalités existent, alors qu'il suffirait de remettre de l'égalité dans le système pour que les inégalités décroissent. On ne peut pas nier le fait que les êtres humains soient tous différents. Mais on peut refuser que ces êtres humains différents soient incapables de se comprendre et de s'entraider, par pur racisme, par pure méritocratie. Ma conclusion est que la méritocratie est raciste. Elle crée des races en créant des inégalités, en créant des injustices. Et on sait qu'une race peut être définie par n'importe quel critère de différenciation. Je reviens à la notion de carotte et bâton, de mérite et d'effort. On sait qu'il faut adapter l'homme au monde, mais on sait aussi qu'on peut adapter le monde à l'homme. Alors, les progressistes seront-ils ceux qui adaptent l'homme au monde à coup de méritocratie esclavagiste, ou ceux qui adaptent le monde à l'homme, à coup d'égalitarisme démocratique ? Au point où nous en sommes, il faudra un mélange des deux, mais avec une grosse proportion d'égalitarisme démocratique et une petite proportion de méritocratie esclavagiste. En conclusion, je dirais que le revenu d'existence inconditionnel est inévitable pour le progrès social de l'être humain et que la méritocratie esclavagiste est le point de départ de notre évolution future.

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